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...Par Étude Thermo
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Exercice Thermodynamique L2/CPGE : Liquéfaction de l'Air (Procédé Claude)
NIVEAU : LICENCE 2 / CPGE DOMAINE : THERMODYNAMIQUE BRANCHE : THERMODYNAMIQUE INDUSTRIELLE

Étude Cryogénique : Liquéfaction de l'Air par le Procédé Claude

Concepts Clés : Système Ouvert, Enthalpie, Détente avec Travail
1. Énoncé du Problème ThermodynamiqueSYSTÈME OUVERT
📝 Présentation du Système de Liquéfaction (Procédé Claude)

L'industrie cryogénique moderne repose sur des cycles thermodynamiques d'une complexité fascinante, conçus pour atteindre des températures proches du zéro absolu.

Historiquement, l'ingénieur Georges Claude a bouleversé ce domaine technique en concevant un procédé novateur de liquéfaction de l'air. Contrairement au simple procédé de Linde, qui se base uniquement sur une détente isenthalpique à travers une vanne, le procédé Claude intègre une détente avec production de travail extérieur au cœur même de l'installation.

D'un point de vue thermodynamique, cette ingénieuse modification permet d'abaisser drastiquement la température du fluide tout en récupérant une puissance mécanique précieuse.

Dans ce système ouvert en écoulement stationnaire, nous allons modéliser une section critique de l'installation fonctionnant en régime permanent. L'air y est rigoureusement assimilé à un gaz parfait diatomique, ce qui simplifiera l'application de la première loi de Joule.

Chronologiquement, le parcours du fluide s'articule en trois phases distinctes. Premièrement, le gaz traverse un compresseur idéal. Afin d'éviter une surchauffe destructrice, cette compression est supposée strictement isotherme (\( T_2 = T_1 \)) grâce à un refroidissement continu.

Ensuite, l'air à très haute pression pénètre dans un échangeur de chaleur isobare parfait, où il subit un refroidissement intense à pression constante (\( P_3 = P_2 \)).

Finalement, ce gaz comprimé et ultra-froid est injecté dans une turbine de détente adiabatique et réversible. Il s'y détend jusqu'à retrouver sa pression atmosphérique initiale (\( P_4 = P_1 \)). C'est ici que l'effondrement thermique se produit, générant un précieux travail de transvasement.

🎯
Objectif de l'Audit Énergétique :

Votre mission d'ingénierie consiste à évaluer rigoureusement les transferts d'énergie de cette séquence cryogénique.

Concrètement, vous devrez déterminer l'énergie massique consommée par le compresseur, la puissance thermique colossale évacuée par l'échangeur, et prédire la température extrême atteinte en sortie de turbine.

En conclusion, il sera impératif de valider la faisabilité théorique du cycle en réalisant un bilan entropique complet pour quantifier l'irréversibilité du modèle.

⚙️ SYNOPTIQUE DÉTAILLÉ DE L'INSTALLATION (VOLUME DE CONTRÔLE)
FRONTIÈRE DU SYSTÈME (Σ) - RÉGIME STATIONNAIRE RÉCUPÉRATION MÉCANIQUE (33%) MOT. COMP. Isotherme ÉCHANGEUR ISOBARE TURBINE Isentropique 1 2 3 4 Qcomp < 0 Qech < 0 Wnet > 0 (Réseau Électrique) Wcomp > 0 Wturb < 0 LÉGENDE : Air Ambiant (1) ➔ Compressé Chaud (2) ➔ Sous-Refroidi (3) ➔ Cryogénique (4)
Le Couplage Claude : L'arbre mécanique (gris) illustre parfaitement comment la turbine autofinance une partie du compresseur.
Vecteurs Énergie : Orange (Travail de transvasement mécanique) | Rouge (Rejet thermique massif).
⚠️
Directives et Conventions Thermodynamiques :

"Par convention internationale, nous appliquerons la stricte convention thermodynamique égoïste.

Ainsi, toute forme d'énergie (Travail massique \(w\) ou Chaleur massique \(q\)) qui franchit la frontière vers l'intérieur du système est comptabilisée positivement (\(> 0\)). À l'inverse, toute énergie dissipée ou cédée par le fluide vers l'extérieur sera assortie d'un signe négatif (\(< 0\)).

L'énergie cinétique et potentielle macroscopiques sont négligées devant les variations d'enthalpie."

2. Grandeurs d'État & Paramètres Opératoires du Fluide

Afin de structurer rigoureusement notre démarche analytique et nos bilans massiques, il est crucial de sanctuariser les variables d'état d'entrée fixées par le cahier des charges industriel.

Dans cette section, nous recensons exhaustivement les pressions de consigne, les températures des sources, ainsi que les propriétés intrinsèques de la matière traitée.

📚 Cadre Théorique et Équations de Comportement

L'air sec, dans cette plage de pressions et de températures (avant la zone de liquéfaction finale), est mathématiquement assimilé à un gaz répondant aux lois idéales.

L'absence de dissociation moléculaire permet de considérer ses capacités thermiques comme parfaitement constantes.

Modèle d'État (Gaz Parfait) : \( Pv = rT \) (forme massique) Première Loi de Joule : \( \Delta h = c_p \Delta T \) Transformation Isentropique (Laplace) : \( T^{\gamma} P^{1-\gamma} = \text{constante} \)
⚙️ Table des Conditions aux Limites de l'Installation
DÉFINITION DES NŒUDS THERMODYNAMIQUES (États 1, 2, 3 et 4)
Pression atmosphérique d'admission (État 1)\( P_1 = 1.0 \times 10^5 \text{ Pa} \) (\(1 \text{ bar}\))
Température ambiante d'aspiration (État 1)\( T_1 = 300 \text{ K} \)
Température de sortie du compresseur (Isotherme)\( T_2 = T_1 = 300 \text{ K} \)
Pression de refoulement du compresseur (État 2)\( P_2 = 40.0 \times 10^5 \text{ Pa} \) (\(40 \text{ bar}\))
Pression dans l'échangeur (Isobare)\( P_3 = P_2 = 40.0 \times 10^5 \text{ Pa} \)
Température cible en sortie d'échangeur (État 3)\( T_3 = 160 \text{ K} \)
Pression d'échappement de la turbine (État 4)\( P_4 = P_1 = 1.0 \times 10^5 \text{ Pa} \)
CONSTANTES INTRINSÈQUES DU FLUIDE (Air Diatomique)
Capacité thermique massique à pression constante\( c_p = 1005 \text{ J.kg}^{-1}\text{.K}^{-1} \)
Constante massique spécifique de l'air\( r = 287 \text{ J.kg}^{-1}\text{.K}^{-1} \)
Coefficient polytropique isentropique (Indice de Laplace)\( \gamma = \frac{c_p}{c_v} = 1.40 \)

E. Méthodologie de Résolution (Cadre Thermo Industriel)

En thermodynamique des systèmes fluides ouverts, la rigueur méthodologique est le rempart contre les erreurs de signe.

Nous allons scinder notre étude du cycle de Claude en suivant précisément le parcours massique de l'air.

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Étape 1 : Détermination de l'état final

Résolution analytique de l'état 4 en sortie de machine.

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Étape 2 : Bilans d'Échange (Travail & Chaleur)

Calcul du travail de transvasement et des transferts thermiques échangés lors de la transformation complète.

3

Étape 3 : Entropie et Réversibilité

Utilisation du Second Principe pour lier les grandeurs d'état et valider théoriquement le cycle.

4

Étape 4 : Synthèse et Performances

Calcul final des grandeurs dérivées : rendement d'un cycle et taux de récupération de l'usine.

CORRECTION

Liquéfaction de l'Air par le Procédé Claude

1
Détermination complète de l'État Initial et Final
🎯 Objectif Scientifique

Avant d'évaluer les transferts d'énergie, nous devons impérativement déterminer les variables d'état manquantes aux nœuds du système.

Dans notre procédé, l'état final 4 (sortie de la turbine) est la clé de la liquéfaction. La température \(T_4\) est inconnue. L'objectif absolu de cette étape est de la calculer rigoureusement pour verrouiller la matrice des états thermodynamiques.

🧠 Réflexion de l'Étudiant

Dans la turbine (3 → 4), le gaz subit une détente extrêmement rapide de \(40 \text{ bar}\) à \(1 \text{ bar}\).

Puisqu'elle est modélisée comme parfaitement isolée et sans frottement interne, cette transformation est adiabatique et réversible, c'est-à-dire isentropique.

Nous pouvons donc lier directement la pression et la température via les lois des gaz parfaits pour trouver l'état final.

Rappel Théorique : Les Lois de Laplace

Pour un gaz parfait subissant une évolution isentropique, les variables d'état sont intrinsèquement couplées par le coefficient de Laplace \(\gamma\) (rapport des chaleurs spécifiques \(c_p/c_v\)).

La relation \(T^{\gamma} P^{1-\gamma} = \text{constante}\) démontre qu'une chute abrupte de pression engendre inévitablement un effondrement de la température.

📐 Formule Fondamentale

En isolant algébriquement la température finale \(T_4\) à partir de la constante de Laplace évaluée entre l'entrée de la turbine (état 3) et sa sortie (état 4).

Température finale isentropique \(T_4\) :
\[ \begin{aligned} T_3^{\gamma} P_3^{1-\gamma} &= T_4^{\gamma} P_4^{1-\gamma} \\ \left( \frac{T_4}{T_3} \right)^{\gamma} &= \left( \frac{P_3}{P_4} \right)^{1-\gamma} \\ \left( \frac{T_4}{T_3} \right)^{\gamma} &= \left( \frac{P_4}{P_3} \right)^{-(1-\gamma)} \\ T_4 &= T_3 \left( \frac{P_4}{P_3} \right)^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} \end{aligned} \]

📋 Paramètres de l'étape
ParamètreValeur
Température d'admission turbine (\(T_3\))\( 160 \text{ K} \)
Pressions amont et aval\( P_3 = 40 \text{ bar} \) et \( P_4 = 1 \text{ bar} \)
Exposant adiabatique de l'air\( \frac{\gamma-1}{\gamma} = \frac{1.4-1}{1.4} \approx 0.2857 \)
Astuce Méthodologique

Soyez implacable sur la fraction de pression : la turbine détend le gaz. La pression finale (\(1 \text{ bar}\)) est au numérateur, et la pression initiale (\(40 \text{ bar}\)) au dénominateur.

Le ratio \((1/40)\) est inférieur à 1, ce qui garantit mathématiquement que la température s'effondrera !

📝 Calculs Détaillés
1. Évaluation Numérique de la Température finale (\(T_4\))

Nous appliquons l'équation de Laplace avec l'exposant préalablement calculé pour éviter les erreurs de parenthèses sur la calculatrice.

\[ \begin{aligned} T_4 &= 160 \times \left( \frac{1}{40} \right)^{0.2857} \\ &= 160 \times (0.025)^{0.2857} \\ &= 160 \times 0.3489 \end{aligned} \]
2. Résultats Finaux
\[ \begin{aligned} T_4 &= \mathbf{55.82} \text{ K} \end{aligned} \]

Le résultat est spectaculaire. La température plonge à environ \(55.8 \text{ K}\) (soit \(-217 \text{ °C}\)), pulvérisant le seuil de liquéfaction de l'air. L'état final 4 est désormais complètement défini.

\[ \textbf{Bilan Étape 1 : } T_4 = \mathbf{55.8 \text{ K}} \]
Analyse du résultat

La valeur est parfaitement cohérente pour une installation cryogénique.

Une température finale largement inférieure à \(77 \text{ K}\) (point d'ébullition de l'azote à pression atmosphérique) confirme que nous sommes entrés dans la zone diphasique visée par l'invention de Georges Claude.

Piège Classique

Oublier de convertir les températures en Kelvin dans la formule de Laplace !

La loi \(T^{\gamma} P^{1-\gamma} = \text{constante}\) n'a de sens physique absolu qu'avec l'échelle absolue des températures (Kelvin).

❓ Question Fréquente

Peut-on utiliser la loi de Charles ou de Gay-Lussac ici ?

Absolument pas, car ni le volume, ni la pression, ni la température ne sont constants lors du passage dans la turbine. Seule l'entropie l'est (transformation isentropique), d'où l'usage exclusif des relations de Laplace.

2
Calcul des Travaux (\(W\)) et Transferts Thermiques (\(Q\))
🎯 Objectif Scientifique

Cette étape constitue le cœur du bilan mécanique. Nous allons balayer chaque organe de la machine (Compresseur, Échangeur, Turbine) pour quantifier rigoureusement toutes les énergies massiques transférées.

L'objectif est d'obtenir le travail de transvasement et la chaleur échangée pour chaque transformation afin d'établir la matrice énergétique de l'usine.

🧠 Réflexion de l'Étudiant

Pour le compresseur (1→2) : Il est isotherme. Donc \(\Delta h = 0\), et \(q_{\text{comp}} = -w_{\text{comp}}\). Le calcul s'opère via l'intégrale \(+\int v dP\).

Pour l'échangeur (2→3) : Il est sans pièce mobile. Donc \(w_{\text{ech}} = 0\), et \(q_{\text{ech}}\) se déduit directement de \(\Delta h = c_p \Delta T\).

Pour la turbine (3→4) : Elle est adiabatique. Donc \(q_{\text{turb}} = 0\), et le travail fourni \(w_{\text{turb}}\) équivaut à la chute d'enthalpie \(\Delta h = c_p \Delta T\).

Rappel Théorique : Le Premier Principe en Système Ouvert

Dans une machine en écoulement continu (système ouvert), on utilise la fonction Enthalpie massique (\(h\)) au lieu de l'énergie interne (\(u\)).

Le bilan s'écrit \(\Delta h = w_{\text{tr}} + q\), où \(w_{\text{tr}}\) est le travail de transvasement (utile), évalué analytiquement par \(\int v dP\) pour les transformations réversibles.

📐 Démonstrations et Formules Clés
A. Dérivation du travail isotherme réversible (1→2) :

D'après l'équation d'état, \( v = \frac{rT}{P} \). En substituant cette équation au cœur de la différentielle du travail, et la température étant constante (\(T_1\)) :

\[ \begin{aligned} w_{12} &= \int_{P_1}^{P_2} v \, dP \\ &= \int_{P_1}^{P_2} \left( \frac{r T_1}{P} \right) \, dP \\ &= r T_1 \ln\left( \frac{P_2}{P_1} \right) \end{aligned} \]
B. Simplification des bilans énergétiques :

En considérant les particularités de la machine (échangeur passif, turbine adiabatique) à partir du bilan \(\Delta h = w_{\text{tr}} + q\) :

\[ \begin{aligned} q_{12} &= - w_{12} \quad (\text{Isotherme, } \Delta h_{12}=0) \\ q_{23} &= c_p (T_3 - T_2) \quad (\text{Isobare, } w_{23}=0) \\ w_{34} &= c_p (T_4 - T_3) \quad (\text{Adiabatique, } q_{34}=0) \end{aligned} \]

📋 Données d'Entrée
ParamètreValeur
Températures opératoires\( T_1 = T_2 = 300 \text{ K}, \, T_3 = 160 \text{ K}, \, T_4 = 55.82 \text{ K} \)
Capacité et Constante de l'air\( c_p = 1005 \text{ J.kg}^{-1}\text{.K}^{-1}, \, r = 287 \text{ J.kg}^{-1}\text{.K}^{-1} \)
Astuce Méthodologique

Gardez rigoureusement l'ordre des soustractions (\(T_{\text{finale}} - T_{\text{initiale}}\)).

Cela garantit que les signes thermodynamiques ("égoïstes") sortiront tout seuls sans avoir besoin de deviner si le système a perdu ou gagné de l'énergie.

📝 Calculs Détaillés
1. Compresseur Isotherme

Calcul de la puissance mécanique exigée et de la chaleur rejetée à l'eau de refroidissement.

\[ \begin{aligned} w_{12} &= 287 \times 300 \times \ln\left(40\right) \\ &\approx +317612 \text{ J.kg}^{-1} \\ q_{12} &= -317612 \text{ J.kg}^{-1} \end{aligned} \]
2. Échangeur Isobare

Calcul de la chaleur massivement évacuée par le gaz lors du sous-refroidissement.

\[ \begin{aligned} q_{23} &= 1005 \times (160 - 300) \\ &= 1005 \times (-140) \\ &= -140700 \text{ J.kg}^{-1} \end{aligned} \]
3. Turbine Adiabatique

Calcul de la puissance mécanique générée par l'arbre de transmission.

\[ \begin{aligned} w_{34} &= 1005 \times (55.82 - 160) \\ &= 1005 \times (-104.18) \\ &\approx -104701 \text{ J.kg}^{-1} \end{aligned} \]
4. Synthèse des Résultats
\[ \begin{aligned} \text{Compresseur :} \quad w_{\text{comp}} &= \mathbf{+317.6 \text{ kJ.kg}^{-1}} \\ q_{\text{comp}} &= \mathbf{-317.6 \text{ kJ.kg}^{-1}} \\ \text{Échangeur :} \quad q_{\text{ech}} &= \mathbf{-140.7 \text{ kJ.kg}^{-1}} \\ \text{Turbine :} \quad w_{\text{turb}} &= \mathbf{-104.7 \text{ kJ.kg}^{-1}} \end{aligned} \]

La convention égoïste est respectée. Le compresseur exige un apport colossal d'énergie (travail positif). La turbine restitue une fraction de cette puissance (travail négatif). Les chaleurs sont négatives, prouvant l'intense refroidissement requis.

\[ \textbf{Bilan Étape 2 : } w_{\text{turb}} = \mathbf{-104.7 \text{ kJ.kg}^{-1}} \]
Analyse du résultat

Le travail de la turbine (\(104.7 \text{ kJ/kg}\)) représente près d'un tiers du travail requis par le compresseur (\(317.6 \text{ kJ/kg}\)).

C'est la signature de l'ingéniosité de Claude : cette énergie mécanique n'est pas perdue, elle peut être réinjectée sur l'arbre moteur pour économiser l'électricité !

Piège Classique

Une erreur tragique très courante consiste à calculer le travail du compresseur en utilisant la formule des systèmes fermés \(-\int P dv\).

Dans une machine à flux continu, les travaux de poussée (refoulement et aspiration) sont colossaux, il faut impérativement utiliser \(+\int v dP\).

❓ Question Fréquente

Pourquoi l'échangeur ne fournit-il aucun travail ?

Parce qu'il ne contient aucune pièce mobile. Le fluide s'y écoule de manière tubulaire sans repousser de pales ni de piston. Mathématiquement, la différentielle du travail de transvasement \(dP\) est nulle (isobare), rendant le travail intégralement nul.

📈 Diagramme de Clapeyron (P-v) : Justification de l'Isothermie
Volume massique v (m3/kg) Pression P (bar) Compression adiabatique (Sans refroidissement) 1 2 40 1 Aire = Wtransvasement (Optimisé)
En projetant la courbe sur l'axe des pressions, on observe que l'isotherme rouge englobe une aire beaucoup plus petite que l'adiabatique pointillée. Refroidir le compresseur est donc une absolue nécessité industrielle pour économiser du travail moteur !
📊 Abaque de Mollier (h-s) : L'Effondrement Enthalpique
Entropie massique s (J.K-1.kg-1) Enthalpie massique h (kJ.kg-1) Isobare 40 bar Isobare 1 bar Isotherme 160 K Isotherme 55.8 K 3 4 Δh = Wturb
L'abaque enthalpique de Mollier prouve l'efficacité de la turbine : la détente est parfaitement verticale (Δs = 0). La "chute" géométrique correspond exactement au travail mécanique généré.
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Bilans d'Énergie (\(1^{\text{er}}\) Principe) et d'Entropie (\(2^{\text{nd}}\) Principe)
🎯 Objectif Scientifique

Il ne s'agit plus de calculer de l'énergie, mais de juger la cohérence de notre modélisation théorique.

L'objectif magistral est de quantifier la création d'entropie (\(s_{\text{cr}}\)) sur l'ensemble du cycle (de l'état 1 à 4) afin de prouver mathématiquement que les hypothèses de réversibilité absolue de l'énoncé ont été rigoureusement respectées.

🧠 Réflexion de l'Étudiant

Décortiquons le Second Principe : La variation totale d'entropie d'un système (\(\Delta s\)) se compose méticuleusement de deux flux : l'entropie échangée (\(s_{\text{ech}}\)) via les transferts thermiques, et l'entropie sombrement créée (\(s_{\text{cr}}\)) par les frictions internes.

Pour un modèle réversible comme exigé ici, l'Inégalité de Clausius stipule fermement que cette entropie créée doit être nulle (\(s_{\text{cr}} = 0\)).

Rappel Théorique : L'Identité Thermodynamique

Pour s'affranchir du chemin suivi par le fluide, on utilise l'identité fondamentale liant les variables d'état : \(dh = Tds + vdP\).

C'est la clé de voûte permettant de dériver la variation exacte \(\Delta s\) d'un gaz parfait en se contentant de connaître les pressions et températures extrêmes.

📐 Démonstrations et Formules Clés
A. Construction analytique de la différentielle d'Entropie :

Partons du sommet mathématique, l'identité reine liant les fonctions d'état : \( dh = T \, ds + v \, dP \). Afin de la rendre utile, nous devons isoler la différentielle de l'entropie \( ds \).

Ensuite, nous substituerons violemment \( dh \) par la relation isobare de Joule (\( c_p \, dT \)) et le terme volumique \( \frac{v}{T} \) par l'équation souveraine du gaz parfait (\( \frac{r}{P} \)).

Le squelette final ne contient plus que des dérivées logarithmiques parfaites, prêtes à subir l'intégration sur le cycle global de l'état 1 à 4.

\[ \begin{aligned} T \, ds &= dh - v \, dP \\ ds &= \frac{dh}{T} - \frac{v}{T} \, dP \\ ds &= \frac{c_p \, dT}{T} - \left( \frac{r}{P} \right) \, dP \\ \int_1^4 ds &= c_p \int_{T_1}^{T_4} \frac{1}{T} \, dT - r \int_{P_1}^{P_4} \frac{1}{P} \, dP \\ \Delta s_{14} &= c_p \left[ \ln(T) \right]_{T_1}^{T_4} - r \left[ \ln(P) \right]_{P_1}^{P_4} \\ \Delta s_{14} &= c_p \ln\left( \frac{T_4}{T_1} \right) - r \ln\left( \frac{P_4}{P_1} \right) \end{aligned} \]
B. Développement de l'Entropie Échangée globale (\(s_{\text{ech}}\)) :

L'entropie échangée est la somme des flux d'entropie traversant la frontière pour chaque composant. La turbine est adiabatique. Le compresseur échange de la chaleur à la température constante de la source (\(T_1\)).

L'échangeur isobare transfère la chaleur de manière continue avec une température glissante, ce qui exige l'intégration de \(\delta q = c_p dT\).

\[ \begin{aligned} s_{\text{ech}} &= \int_{1}^{2} \frac{\delta q_{\text{comp}}}{T_1} + \int_{2}^{3} \frac{\delta q_{\text{ech}}}{T} + \int_{3}^{4} \frac{\delta q_{\text{turb}}}{T} \\ &= \frac{q_{12}}{T_1} + \int_{T_2}^{T_3} \frac{c_p \, dT}{T} + 0 \\ &= \frac{q_{12}}{T_1} + c_p \ln\left( \frac{T_3}{T_2} \right) \end{aligned} \]
C. Application chirurgicale du Théorème de Clausius :

Une fois la variation globale et l'entropie échangée connues, le bilan soustrait méthodiquement l'entropie échangée pour dévoiler à nu la création interne réelle et l'irréversibilité du système.

\[ \begin{aligned} s_{\text{cr}} &= \Delta s_{14} - s_{\text{ech}} \end{aligned} \]

📋 Données d'Entrée
ParamètreValeur
Températures terminales\( T_1 = 300 \text{ K}, \, T_4 = 55.82 \text{ K} \)
Pressions terminales\( P_1 = P_4 = 1 \text{ bar} \)
Astuce Méthodologique

Regardez attentivement les pressions : la turbine détend le gaz exactement à la pression atmosphérique initiale (\(P_4 = P_1\)).

De ce fait, le ratio de pression est de 1, et son logarithme naturel \(\ln(1)\) vaut 0. Le terme de pression s'annihile complètement !

📝 Calculs Détaillés
1. Calcul global de la variation de fonction d'état (\(\Delta s_{14}\))

On applique uniquement le logarithme des températures extrêmes de l'installation.

\[ \begin{aligned} \Delta s_{14} &= 1005 \times \ln\left( \frac{55.82}{300} \right) - r \times \ln(1) \\ &= 1005 \times \ln(0.18606) - 0 \\ &= 1005 \times (-1.6816) \\ &\approx -1690.0 \text{ J.K}^{-1}\text{.kg}^{-1} \end{aligned} \]

Interprétation : L'entropie du fluide s'est écroulée de \(1690 \text{ J/K}\). L'air extrêmement froid et partiellement liquéfié est dans un état beaucoup plus "ordonné" que le gaz chaud turbulent de départ.

2. Calcul de l'Entropie Échangée globale (\(s_{\text{ech}}\))

On somme les flux entropiques du compresseur et de l'échangeur isobare.

\[ \begin{aligned} s_{\text{ech}} &= \left( \frac{-317612}{300} \right) + 1005 \times \ln\left( \frac{160}{300} \right) \\ &= -1058.7 + 1005 \times (-0.6286) \\ &= -1058.7 - 631.7 \\ &\approx -1690.4 \text{ J.K}^{-1}\text{.kg}^{-1} \end{aligned} \]

Note : La légère différence décimale (\(0.4\)) est uniquement due aux arrondis successifs sur les décimales de \(T_4\).

3. Bilan final : L'Entropie Créée (\(s_{\text{cr}}\))
\[ \begin{aligned} s_{\text{cr}} &= \Delta s_{14} - s_{\text{ech}} \\ &= (-1690.4) - (-1690.4) \\ &= \mathbf{0} \text{ J.K}^{-1}\text{.kg}^{-1} \end{aligned} \]
\[ \textbf{Bilan Étape 3 : } s_{\text{cr}} = \mathbf{0 \text{ J.K}^{-1}\text{.kg}^{-1}} \]
Analyse du résultat

L'inégalité de Clausius est respectée dans son expression la plus pure.

L'obtention mathématique de la borne exacte \(0\) confirme notre hypothèse fondatrice : nous avons évalué des compresseurs, échangeurs et turbines purement réversibles.

Piège Classique

Une confusion fatale sépare souvent les étudiants : \(\Delta s\) peut tout à fait être négatif !

Ce n'est pas \(\Delta s\) qui doit être obligatoirement positif, mais bien l'entropie CRÉÉE (\(s_{\text{cr}}\)). Ici, le fluide a rejeté de l'entropie (\(s_{\text{ech}} < 0\)).

❓ Question Fréquente

Que se passerait-il dans une usine réelle ?

Dans la réalité, les frottements mécaniques dans la turbine et les pertes de charges dans l'échangeur créeraient de l'entropie (\(s_{\text{cr}} > 0\)). La température finale \(T_4\) atteinte serait alors fatalement plus élevée (moins froide) que notre valeur idéale de \(55.8 \text{ K}\).

4
Synthèse : Efficacité et Travail Net du Cycle
🎯 Objectif Scientifique

La dernière phase consiste à évaluer la pertinence industrielle globale de l'invention de Claude.

Il s'agit de calculer le travail net (\(w_{\text{net}}\)) consommé par l'ensemble de l'installation, ainsi que le taux de récupération d'énergie (\(\chi\)), qui définit l'efficacité du procédé par rapport à une technologie classique sans turbine.

🧠 Réflexion de l'Étudiant

Dans ce couplage complexe, l'effondrement thermique s'accompagne de la production d'un travail moteur par la turbine (\(w_{\text{turb}} < 0\)).

Si nous couplons mécaniquement cette turbine à l'arbre du compresseur principal, ce travail récupéré viendra en déduction du travail monstrueux requis à la compression (\(w_{\text{comp}} > 0\)).

Rappel Théorique : Additivité des Puissances

Le bilan global de puissance mécanique s'obtient par l'addition stricte (algébrique) de tous les travaux de transvasement traversant la frontière macroscopique du système.

Le taux de récupération est simplement le ratio entre la valeur absolue de l'énergie produite et l'énergie initialement injectée.

📐 Démonstrations et Formules Clés
A. Bilan du Travail Net de l'installation :

Le travail net est la somme algébrique de toutes les énergies mécaniques de transvasement traversant la frontière du système macroscopique. On additionne rigoureusement le travail reçu au compresseur (\(w_{12}\)) et le travail fourni par la turbine (\(w_{34}\)).

\[ \begin{aligned} w_{\text{net}} &= \sum w_{\text{tr}} \\ &= w_{12} + w_{34} \end{aligned} \]
B. Taux de Récupération d'Énergie (\(\chi\)) :

Il s'agit du ratio adimensionnel entre la valeur absolue de la puissance récupérée à la turbine (\(w_{34}\)) et la puissance brute exigée initialement par le compresseur (\(w_{12}\)).

\[ \begin{aligned} \chi &= \frac{|w_{34}|}{w_{12}} \end{aligned} \]

📋 Données d'Entrée
ParamètreValeur
Travail unitaire de compression (\(w_{12}\))\( +317612 \text{ J.kg}^{-1} \)
Travail unitaire de détente (\(w_{34}\))\( -104701 \text{ J.kg}^{-1} \)
Astuce Méthodologique

Assurez-vous de bien conserver le signe négatif du travail de la turbine lors de l'addition du travail net. C'est l'essence même du gain !

📝 Calculs Détaillés
1. Évaluation du Travail Net (\(w_{\text{net}}\))

Opérations de déduction énergétique.

\[ \begin{aligned} w_{\text{net}} &= 317612 + (-104701) \\ &= 212911 \text{ J.kg}^{-1} \end{aligned} \]

Interprétation : L'usine doit puiser environ \(212.9 \text{ kJ}\) d'électricité par kilogramme d'air traité sur le réseau national, au lieu des \(317.6 \text{ kJ}\) initialement requis par le seul compresseur.

2. Évaluation du Taux de Récupération (\(\chi\))

Calcul du pourcentage géant d'économie d'énergie.

\[ \begin{aligned} \chi &= \frac{|-104701|}{317612} \\ &= 0.32965 \end{aligned} \]

Interprétation : L'ajout de la turbine de Claude permet de récupérer et d'autofinancer massivement 33 % de l'effort de compression !

3. Résultats Finaux
\[ \begin{aligned} w_{\text{net}} &= \mathbf{+212.9} \text{ kJ.kg}^{-1} \\ \chi &= \mathbf{33.0} \% \end{aligned} \]
\[ \textbf{Bilan Étape 4 : } \chi = \mathbf{33.0 \%} \]
Analyse du résultat

Le procédé Claude prouve mathématiquement sa suprématie. En plus de précipiter l'air dans la zone cryogénique, l'installation allège sa facture d'électricité d'un tiers absolu par le recyclage mécanique de la détente.

Piège Classique

Calculer un "rendement" de machine motrice. Ce système reste une installation frigorifique (récepteur).

On parle donc de coefficient d'efficacité ou, dans le cas de l'arbre, de taux de récupération de l'énergie. Ne le confondez pas avec le théorème de Carnot réversible !

❓ Question Fréquente

Comment cette énergie est-elle physiquement récupérée ?

Dans les immenses installations industrielles (Air Liquide), l'arbre de la turbine est physiquement couplé, via un réducteur de vitesse, à l'arbre du compresseur électrique. La turbine l'aide littéralement à tourner.

📊 Bilan de Répartition Énergétique (Taux de récupération)
Travail Brut (Compresseur) Énergie Récupérée (Turbine) Travail Net (Facture usine) 317.6 kJ 104.7 kJ (33%) 212.9 kJ
Le couplage mécanique direct permet de soustraire la puissance générée par la turbine (barre verte) de la consommation totale du compresseur (barre rouge). L'usine ne paie que l'énergie correspondant à la barre orange.
📊 Bilan Graphique de la Situation Finale : Diagramme Entropique T-S
Courbe de saturation (Liquide - Vapeur) Liquide Saturé Vapeur Saturée Point Critique Entropie massique s (J.K-1.kg-1) Température T (K) Isobare P2 = 40 bar Isobare P1 = 1 bar 300 160 55.8 1 2 3 4 Qcomp < 0 Qech < 0 Δs = 0 LÉGENDE THERMODYNAMIQUE 1 → 2 : Compression Isotherme 2 → 3 : Refroidissement Isobare 3 → 4 : Détente Isentropique (Turbine)
Ce diagramme T-S illustre magistralement la chute vertigineuse de température lors de la détente verticale (3 → 4). Les aires hachurées représentent géométriquement les transferts thermiques évacués.

📄 La Copie Parfaite (Rapport d'Ingénierie)

Voici le résumé académique de la résolution, présenté selon les standards d'excellence exigés dans la rédaction des rapports industriels ou de concours aux grandes écoles d'ingénieurs.

CERTIFIÉ EXACT
INSTALLATION CLAUDE : SÉQUENCE DE LIQUÉFACTION
RÉSOLUTION ANALYTIQUE ET VALIDATION DES PERFORMANCES
Branche :Thermo Ind.
Système :Flux Ouvert
Fluide :Air Diatom.
1. Cadre Scientifique et Modélisation de l'Installation
Hypothèses Primitives du Modèle
  • Système Thermodynamique : Masse unitaire de 1 kg d'air circulant en écoulement stationnaire continu. Le système est radicalement ouvert.
  • Équation d'État : Le fluide est modélisé comme un Gaz Parfait idéal. Équation de comportement : \(Pv = rT\).
  • Capacités Thermiques : L'air ne présente pas de dissociation moléculaire, les chaleurs massiques \(c_p\) et \(c_v\) sont rigoureusement constantes.
  • Conventions de Signes : Approche égoïste. Travail et Chaleur comptabilisés positivement s'ils franchissent la frontière vers le fluide.
2. Matrice des États Thermodynamiques du Parcours
Nœud d'ÉcoulementPression P (bar)Température T (K)Observations Techniques
1. Entrée du procédé1.0300Ambiant - Aspiration compresseur
2. Fin compression isotherme40.0300Pression maximale du cycle atteint
3. Sortie échangeur isobare40.0160Gaz fortement refroidi, densité crête
4. Échappement turbine1.055.8Ultra-froid, passage en phase mixte (liquide/vapeur)
3. Synthèse Calorimétrique et Mécanique des Échanges (Massique)
Bilan d'Énergie Séquentiel (Kilojoules par Kilogramme traité)
Compresseur (Isotherme) :\( w_{\text{comp}} = +317.6 \text{ kJ.kg}^{-1} \quad | \quad q_{\text{comp}} = -317.6 \text{ kJ.kg}^{-1} \)
Échangeur (Isobare) :\( w_{\text{ech}} = 0 \text{ kJ.kg}^{-1} \quad | \quad q_{\text{ech}} = -140.7 \text{ kJ.kg}^{-1} \)
Turbine (Adia. Réversible) :\( w_{\text{turb}} = -104.7 \text{ kJ.kg}^{-1} \quad | \quad q_{\text{turb}} = 0 \text{ kJ.kg}^{-1} \)
Travail Net de l'Installation : \( w_{\text{net}} = \sum w_i = +212.9 \text{ kJ.kg}^{-1} \)
Taux de Récupération (Efficacité) : \( \chi \approx 33.0 \% \)
4. Jugement du Second Principe et Audit de Viabilité
VALIDATION DU MODÈLE THÉORIQUE
✅ CRÉATION D'ENTROPIE NULLE (\(S_{\text{cr}} = 0\))
Le bilan macroscopique confirme que l'entropie échangée (\(-1690 \text{ J.K}^{-1}\text{.kg}^{-1}\)) balance parfaitement la chute de l'entropie de fonction d'état de l'air de l'état 1 à 4.

Le cycle, exempt de frottements ou de chocs thermiques brutaux modélisés, se conforme admirablement au canon de la réversibilité thermodynamique absolue.

L'objectif industriel du procédé Claude est validé : nous avons propulsé de l'air sec dans l'abîme cryogénique (\(55.8\text{ K}\)) au moyen d'un effort mécanique global maitrisé.
Liquéfaction de l'Air par le Procédé Claude